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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 06:15

P1010419P1010470L'Indonésie est un grand pays. En deux mois j'avais a peine eu le temps de parcourir du nord au sud les iles de Sumatra, Java, Bali, Lombok, quatre iles parmi les 13000 iles que compte le pays.

 

En trois semaines, j'ai visite une partie de l'ile Sulawesi. Une partie seulement, car il faut bien intégrer que, même si la distance entre deux points est courte, la route peut être longue, très longue, voire très très longue. Pour faire environ 300 kilomètres de Macassar a Rantepao, il faut compter environ 9 heures de bus.

La particularité de l'horloge est d'être quelque peu aléatoire ; le départ d'un bus annonce a 8 heures peut être effectif a 8 heures, comme a 10 heures. No stress « Mister »....

 

Pour aller vers le nord, de Rantepao a Tentena, le voyage s'annonçait bien. Le bus nous a pris a l'hôtel avec une demi-heure d'avance. Pour faire à nouveau 300 kilomètres, les 11 heures de trajet se sont lentement et progressivement en 15 heures. Le charme de l'Indonésie ou on peut attendre deux heures pour attendre la décrue de l'eau qui traverse la chaussée. No stress « Mister ».

 

Autant dire qu'il vaut mieux bien profiter des points d'arrêt au cours du voyage ! Ce pays n'est pas fait pour le parisien presse de prendre son métro ou son tire-fesses pendant ses vacances d'hiver.

 

P1010439Apres mes quatre nuits de communication intense avec le crabe des cocotiers, les poissons multicolores et la superbe étoile de mer bleue des Moluques, aux iles Togian, encore plus au nord de Tentana, j'avais deux options ;

-         « nord toute », 1 nuit de bateau, suivie d'une journée de route vers Manado et une séduisante redescente de 1h35 en avion vers Macassar (comparée aux 55 heures de bus...),

-         « nord-est », 4 heures de bateau, 8 heures de route de nuit et une toute aussi seduisante de 1h05 en avion vers Macassar.

J'ai pris la deuxième option, celle du parisien presque pressé....

 

Apres 4 heures de bateau depuis l'ile paradisiaque dont tout le monde rêve mais qu'on est quand même content de quitter en regrettant de ne pas avoir su traduire le langage des poissons, suivi de 4 heures de molle errance dans les trois rues de la ville d'Ampana ou tous les marchands de poissons sont fermés le dimanche après midi, comme tous les autres commerces.

 

A vingt heures, je me présente a la station de bus ou une jeune étudiante me demande gentiment ;

- Ca ne vous dérange pas si le bus pour Luwuk ne passe qu'a vingt deux heures ?

J'avais le choix de la réponse ;

-         Ce retard est insupportable ! Remboursez-moi le billet, je prends mes clics et mes clacs et je rentre a pieds a Macassar !

-         Pas du tout, l'attente est un plaisir en votre charmante compagnie.

Gentleman, j'ai opte pour la deuxième option, celle du parisien qui n'est pas parisien dans l'âme pour deux Rupiahs.

 

P1010418A vingt deux heures pétantes, le bus arrive. Je m'attendais a voir un minivan pour 9 personnes ou un grand bus de nuit avec air conditionné, voire couchettes, pour les touristes qui traversent l'ile d'ouest en est sur la grande ligne routière Macassar-Palu-Ampana-Luwuk.

Apres avoir fait libéré un fauteuil pour le touriste, le « contrôleur-assistant de navigation  du bus», m'invite a crapahuter sur les tas de riz et a me retrancher dans un fauteuil de ce Verdun mobile local. Le bus local est a peu près aussi rempli et débordant qu'un bus africain ou américain du sud. La différence notable tient a la corpulence réduite des asiatiques et a une incroyable souplesse qui leur permet de se tenir accroupi sur une surface carrée d'un pied indonésiens.

 

P1010770La fonction de ce diable d'homme n'existe pas dans les bus occidentaux. Elle est au moins aussi importante que celle du chauffeur ;

Il assure la sécurité en ouvrant et verrouillant la porte arrière du bus avec une corde (trop courte pensais-je pour se pendre mais suffisamment nouée pour mourir prisonnier en cas de renversement du bus dans une rizière),

Il grimpe sur le toit dans la traversée du village, sans doute pour vérifier que la bâche du chargement n'arrache pas quelque fil électrique,

Il veille a réveiller les clients au bon arrêt dans la pampa indonésienne, et a les remplacer en scrutant le moindre passant en attente sur le bord de la route,

et surtout, entre ces petits exercices, il peut rester accroupi sur un paquet de cigarettes kretek pendant 3 heures !

 

P1010780A l'avant-dernier rang du bus, mon 'fauteuil' avait plutôt une taille asiatique . Mes épaules reposaient au niveau de qui était peut-etre l'appui-tête.  Le siège ne pouvait pas s'incliner.

Bercé par le vent d'une climatisation naturelle des fenêtres ouvertes, secoué par les nids de poules indonésiennes, je luttais parfois contre le renversement de mon somnolent voisin qui luttait contre le tangage des virages ou des rares  dépassements en s'accrochant aux rideaux.

 

Assis droit comme un i, j'étais condamné a regarder le spectacle du voyage typiquement indonésien.

 

En milieu de séance, nous avons eu le droit a la séquence  frayeur avec le « passage en amphibie »pour franchir un court tronçon de route, transformée en mini lac. Tel un pilote d'avion, le chauffeur fait vrombir son moteur avant de s'élancer, plonge dans la gosse marre – dont on espère que la profondeur ne fasse pas caler le moteur – vire habilement sans ralentir, conserve l'adhérence sur le terrain tantôt boueux, caillouteux ou boiseux, tente de jongler avec les invisibles nids de poule d'eau avant de sortir du trou et de s'arrêter pour fumer la kretek de la victoire.

 

P1010762La séquence angoisse est celle de se voir débarquer a 3 ou 4 heures du matin a dans la petite ville de Luwuk, qui ne possède peut-être pas d'hôtel . A vrai dire, je m'interrogeais sur l'utilité de prendre une chambre pour seulement 5 heures de sommeil avant de prendre mon vol de 11 heures pour Macassar.

Plus le temps passait, moins je me posais cette futile question ; j'aurai le choix entre le banc de la station de bus et celui de l'aéroport.

Les heures passaient, après 6 heures de trajet, puis 7 heures, j'envisageais sereinement une arrivée après 8 heures de trajet.

 

Je fus alors saisi d'une autre angoisse, celle de ne jamais voir Luwuk. d'avoir manqué l'arrêt et d'être parti pour 30 ou 40 heures de bus supplementaires jusqu'à Macassar !

 

No stress « Mister ».....

 

Apres 10 heures de route, je suis arrivé dans la station presque balnéaire de Luwuk.

 

A peine descendu du bus, avec le langage des signes, j'ai appris qu'il restait une heure de  taxi  pour aller a l'aéroport  Baranda. , un trajet de 50000 Rupiah (5 euros) , presque aussi cher que le trajet en bus. C'est parfois l'inconvénient de ne pas pour « charteriser un véhicule ».

 

P1010739J'étais surpris par la lenteur de mon chauffeur mais, en moins de 15 minutes, nous atteignions déjà l’aéroport !

 

Tel un pigeon voyageur, je me suis envolé vers Macassar en intitulant cette petite histoire d'un voyage de nuit mémorable et sympathique, « le spectaculaire trajet Ampana-Luwuk ». 

 

P1010828

 


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