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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 09:24

« P1030036

 

Par une chance rare, je me suis trouve le soir dans un lieu en ineffable paix spirituelle, une réplique aux dernières paroles de Gandhi (Quand son meurtrier leva son arme, Gandhi dit a celui qui le tuait ; « Ami, te voilà enfin ! »).La pagode de Shwedagon.

P1030057

Elle coiffait une haute colline située à six kilomètres de Rangoun. On voyait de loin cet ensemble fantastique de coupoles étranges, de voutes torturées et d'aiguilles géantes qui, toutes, étaient recouvertes de feuille d'or fin. Extraordinaire cite de la foi la plus antique et la plus gracieuse enceinte merveilleuse ouverte a chacun...

On y accédait par des escaliers couverts qui comptaient des centaines de marches creusées, polies, érodées par le pas des pèlerins sans nombre qui les avaient gravies depuis des siècles. Mille échoppes les bordaient de chaque cote, ou l'on pouvait acheter des offrandes, des gongs, des parasols et des fleurs. Au bout du couloir obscur et montant que formaient les degrés, on commençait d'apercevoir dans un lac de lumière, une sorte de flamme immense et douce qui avait la forme d'une voile aigue et la couleur de l'or et du corail. C'était la prodigieuse parure qui couronnait l'édifice central de la pagode, le Saint des Saints.

Mais il fallait arriver au sommet des marches pour saisir l'ampleur du temple.

Je me trouvai alors sur une terrasse circulaire et dallée, aussi vaste et brillante que l'étendue d’un grand fleuve. Au milieu, château fort de rêve, falaise fabuleuse, la masse centrale, brillant de mille feux, hérissée de mille aiguilles, semblait escalader le ciel crépusculaire.

Et tout autour de la terrasse, sans un pouce d'intervalle, gardées par des figures d'animaux mythologiques, s'élevaient, par dizaines, des centaines, les chasses, les chapelles, les temples, les monuments et partout, dans toutes les altitudes, a travers toutes les étapes de son histoire et de sa légende, des dizaines, des centaines d'images et de sculptures montraient le sourire et la sérénité de Bouddha. Sculptures en bois, bronze, pierre, marbre...Toutes ruisselantes de feuilles d'or...Et les yeux étaient faits de pierres précieuses.

Les robes des bonzes, couleur ocre, orange ou safran, semblaient tissées des teintes même du soleil, a son déclin donnait, ici, a l'univers. Ils allaient lentement, a travers la terrasse immense, cranes ras, leur bol de mendiant d'une main, et de l'autre, tantôt ils offraient des fleurs, et tantôt ils ébranlaient doucement les gongs sacres.

De vieilles dames, au maintien superbe et suivies d'une servante se prosternaient a cote de pauvresses. Puis elles allumaient un cigare long et noir et continuaient en fumant leur promenade. Les enfants couraient parmi les sanctuaires et des chiens paralytiques se chauffaient aux derniers rayons sur les marches sacrées. Et le bruit des pieds nus, frottant contre les dalles, se mêlât à la voix des gongs.

Il n'y avait aucun éclat de la foi chez ces gens si pieux, pas de trace de frénésie, d'inquiétude ou d'extase. Leur certitude était toute intérieure et pleine d'amitié pour le monde. Et le passant étranger, sil rencontrait des yeux le regard d'un prêtre ou d'un fidele, n'y trouvait que la clarté tranquille de l'accueil.

En ce haut lieu, d'ou l'o apercevait, dans la brume bleue du soir, par dessus un rideau d'arbres en fleur, d'autres aiguilles d’or s'élancer de la ville, j'oubliai tout ce que j'avais lu sur la pagode de Shwedagon – reliques du bouddha données par lui-même au sanctuaire; offrandes prodigieuses des rois birmans; girouettes de diamants, parasols incrustes de joyaux sans prix pour protéger le faite des toitures; souvenirs émerveillés des voyageurs anciens qui pourtant avaient vu les trésors du Grand Mongol – j'oubliais tout cela pour contempler les silhouettes minuscules qui, a genoux sur les gradins dont étaient formes les toits de la grande pagode, collaient humblement leurs petites feuilles d'or sur tant d'autres accumulées au cours des âges. »

 

P1030041

 

Depuis les années cinquante, quand Joseph Kessel est passe par ici avant d'aller s'aventurer dans la vallée des rubis a Mogok, peu de chose a du changer. Tout récemment sans doute, les lumières étincelantes qui auréolent les figures rayonnantes des statues....

 

 

 

 

Elles ne sont pas belles les petites illuminations...

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