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28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 12:39
Armoirie a l'entree du palais du Sultan  de Yogyakarta


Un pays a toujours besoin d'une crise semble-t-il.

En France, autant que je me souvienne, depuis 1974, nous sommes en crise et ne voyons pas "le bout du tunnel" annonce dans les annees 80. Nous avons construit entre-temps le tunnel sous la Manche pour nous en sortir. On ne parle plus de sortir du tunnel, mais nous sommes toujours en crise.
Pour nous divertir de cette morosite, les medias mettent avant d'autres crises temporaires (la crise conjuguale du President, la crise du petrole, la crise des subprimes...) ou d'autres evenements "rejouissants" comme un destruction spectaculaire et hyper rapide de tours meme pas centenaires en plein coeur de New York, un petit tsunami par ci, un petit tremblement de terre par la , un attentat aerien ou terrestre contre des touristes.
On n'a pas encore vu d'attentat sous-marin mais la traversee de l'Atlantique sous les mers est encore reserve a des professionnels aguerris.
Ce qui est rassurant c'est qu'une crise disparait avant qu'une autre n'arrive. Des personnes se battent pour que le Monde se porte mieux et des fois cela porte ses fruits. Le meilleur exemple est peut-etre Kouchner qui ne portait pas un sac de fruits mais un sac de riz en Somalie ; et aujourd'hui, pour nous, il n'y a plus de famine en Somalie!

Crises politiques, economiques, diplomatiques...Je ne sais pas pourquoi mais je prefere le sketch de Coluche "c'est la crise" au journal tele. C'est pourquoi, je n'ai pas la television. Mon snobisme me porte a aller dans un pays qui a eu le droit en moins de 5 ans a un tsunami, un tremblement de terre et aux attentats de Bali pour y trouver un cyber cafe et piquer une bonne crise de rire , meilleure antidote contre les autres crises...

L'indonesien lui prefere une douce et permanente crise du sourire qui ne lui impose pas de trouver un cyber cafe pour piquer sa crise anti-crises! Et la balade du touriste est une rencontre permanente de tous les sourires de toutes les ethnies du pays ponctuee d'un sempiternel " Hello Mister".
Je n'ai pas demande a mes collegues feminines si cela se traduisait par un "Hello Lady"...La seule chose que je sais, c'est que les blondes font l'objet de beaucoup plus de photographies indonesiennes que moi.
Si le touriste est bienvenu dans toutes les populations, entre eux, la vie n'est pas aussi rose. Leur histoire est emaillee de jalousies plus ou moins exacerbees ; par exemple, pendant les troubles de la crise economique de 1998, le quartier chinois de Jakarta, symbole de la domination economique de cette ethnie, fut totalement brule par les indonesiens. Ce n'etait pas un defile aux feux de bengales qui avait mal tourne...
La devise du pays "la diversite ans l'unite" resume bien l'objectif de ce pays, unis dans sa diversite seulement depuis 1949. Apres le declin de l'empire romain local vers 1300 1400, appele empire Majapahit - car Rome est en Italie et Jakarta n'est pas a Rome - les 300 ethnies controlees plus ou moins par des sortes de royautes regionales ne sont pas toujours envoyees des fleurs mais certainement quelques pics.

Les indonesiens ont pique leur crise en 1998 comme nous en 1974...Dans les annees 70, ils avaient du petrole mais sans doute peu de voiture ou de centrales electriques au fuel ; ils n'ont pas subi la crise du petrole.
En 1998, ils ont mis a la porte leur President, le general Suharto, au pouvoir depuis 1968 apres une periode de lutte anti-comunistes qui fit entre 200000 et 500000 morts, dont beaucoup de chinois. Les derniers hollandais non communistes sont rentres au pays a cette epoque.
Trente ans d'embellie economique, essentiellement profitable aux patrons chinois et au clan de la famille Suharto dont la fortune est estimee a 40 milliards de dollars. Meme avec un dollar faible, cela represente quelques pailles de riz que peuvent lui envier les 40 % de la population qui est restee sur la paille a l'occasion de cette crise.

La Terre, de toute beaute dans le pays, a elle aussi pique ses crises ; tremblements de terre frequents dont celui de magnitude 6 sur 9 de l'echelle de Richter en 2006 et le celebre tsunami en 2004 bien plus ravageur que l'attentat de Bali en 2002 qui a marque les esprits et donne un coup d'arret brutal au tourisme. (les australiens venaient ici comme les francais vont en Belgique ou en Espagne)

Autant de raisons qui expliquent peut-etre la lenteur du developpement du pays.

Mais les indonesiens demeurent souriants et leur travail manuel de labourage dans les plaines ou de constructions dans les villes m'impressionne. Ils travaillent plus que nous mais gagnent moins. Je suggere que Sarko devienne le prochain President d'Indonesie pour que l'economie indonesienne redemarre sur les chapeaux de roues de becak non polluants.

Les caisses de l'Etat sont ici certainement vides mais les impots quasi inexistants et la TVA a seulement 10 %. L'Etat n'aide personne. Le semestre d'etudes coute 2 a 3 millions de Rupiahs (300 euros) et le jeune indonesien doit donc travailler pour etudier car c'est une petite fortune pour une large partie de la population.
Les indonesiens fument beaucoup y compris dans les lieux publics, mais l'attente dans les bureaux enfumes de la securite sociale n'existent pas ; il n'y a pas de securite sociale. Mieux vaut eviter de ne pas etre malade pour eviter la vente du scooter ou des maigres biens qui paiera une chirurgie lourde a 30 ou 150 millions (chiffre donne par un indonesien dont le frere est mort apres 6 mois de traitement d'un cancer). Plus encore que chez nous, mieux vaut etre jeune, beau, riche et en bonne sante!

Et malgre ce tableau, la crise semble plus douce a passer que chez nous. La difference essentielle est que par rapport a notre individualisme occidental, l'esprit communautaire apporte des soutiens et une aide pour que tout le monde ait sa chance et puisse vivre dignement.
Et il est surprenant de voir un chauffeur d'angkot qui ,c'est le moins que l'on puisse dire, ne roule pas sur l'or donner naturellement a l'occasion d'un embouteillage une piece de 100 ou 500 Rp a un des rares necessiteux sur le bord de route.




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commentaires

YVETTE 29/07/2008 10:10

merci pour coluche!!ici beau temps belle mer et soleil mais pas chaleur. a+ bisous 

Dedelagodasse 29/07/2008 14:24



Pas de mer mais un beau temps tres supportable. Je pensais avoir trop chaud mais ca va meme si je n'ai pas encore utiliser mon sweat. Mais je vais faire un tour a 3000 m d'altitude et la il va
etre enfin utile!


Bons baisers a tous les bretons


Andre